C2.4 - L’agromine, filière de valorisation de métaux à l’aide de plantes

Marie-Odile Simonnot

Résumé

De nombreuses régions du monde sont couvertes de sols riches en nickel (Ni), qui ne peuvent être exploitées par les techniques minières conventionnelles. Certaines plantes, dites hyperaccumulatrices, ont développé la capacité d’extraire ce Ni du sol par leur racines, et de le transporter vers leurs feuilles et fleurs. Des enquêtes botaniques ont démontré l’existence de plus de 500 espèces d’hyperaccumulateurs de Ni, et les mécanismes d’hyperaccumulation sont en cours d’élucidation. L’idée d’exploiter ce métal phytoextrait est née dans les années 2000. Aujourd’hui, la filière agromine combine les procédés agronomiques pour atteindre des rendements élevés en plantes et en Ni et les procédés hydrométallurgiques pour produire des composés à base de Ni (oxyde, sels). Une analyse du cycle de vie du procédé a démontré que les impacts sur l’environnement étaient faibles au regard de l’exploitation minière. Les résultats ont été transférés à l’entreprise Econick, créée par des chercheurs de l’Université de Lorraine/CNRS/INRAE.

Plante hyperaccumulatrice de Ni, Ondontarrhena muralis, prise en Albanie. Crédit photo _ @B. Laubie

L’agromine est en cours de développement pour d’autres métaux et éléments stratégiques, notamment les terres rares.

Marie-Odile Simonnot, Professeur à l’Université de Lorraine (EEIGM) en Génie des Procédés

Directrice du Pôle Scientifique EMPP de l’Université de Lorraine

Laboratoire Réactions et Génie des Procédés, Université de Lorraine – CNRS, 1 rue Grandville, BP20451, 54001 Nancy Cédex

En pratique

Salle de conférences – Campus Jean Zay (bâtiment INIST)